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Présentation de l'émission :
L'historienne Christine Bard découvre Madeleine Pelletier (1874-1939), première femme médecin diplômée en psychiatrie en France et féministe, alors qu'elle est elle-même étudiante militante, à l'époque où Madeleine Pelletier était encore assez mal connue. Elle est immédiatement impressionnée par sa vie et son œuvre, qu'elle continue d'explorer, plus tard en thèse.
Une féministe intégrale : "J'ai toujours été féministe"
Comment la conscience féministe vient-elle ? Le devenir féministe est fascinant, et pour Madeleine Pelletier - souligne Christine Bard - cette conscience est très précoce. "C'est un féminisme radical, de l'ordre du combat existentiel. Bien sûr, un engagement très volontariste. Elle est terrible et tellement claire dans sa façon de défendre le féminisme. Et la définition qu'elle donne du féminisme radical, c'est l'assimilation des femmes aux hommes : c'est avant tout l'égalité". Et cela passe par le droit au travail, l'autonomie financière, pour elle qui était issue de milieu pauvre. Son geste est politique, précise l'historienne ; celui de se donner le droit d'écrire sa vie, de rassembler le privé et le public, celui de mesurer aussi l'adversité ; prévenir la haine : elle est pour le droit des femmes à s'auto-défendre. Elle défend le droit de vote des femmes, le droit à l'avortement - elle aide à l'avortement, elle le pratique. "Elle s'est toujours battue, elle est très courageuse. Elle ne lâche rien", résume Christine Bard.
L'oppression des femmes passe aussi par les codes vestimentaires
La virilisation des femmes passe aussi par le vêtement : le pantalon n'appartient pas qu'aux hommes. Madeleine Pelletier porte le costume, a le cheveu court comme un homme, avec une ambition intellectuelle constante et une volonté farouche d'émancipation, malgré les rejets subis.
Elle fait de son apparence masculine un enjeu politique, y voyant le moyen de contester les privilèges masculins et de revendiquer une égalité pleine et entière. "Elle politise la question vestimentaire comme on l'avait rarement fait avant elle. Elle montre que l'oppression des femmes passe aussi par les codes vestimentaires."
Elle a une conscience de sexe tout en détestant le genre féminin à dentelles - une séduction bourgeoise, selon elle. Son féminisme est sciemment provocateur, dans sa revendication du droit à l'autodéfense et à la militarisation des femmes. Par ailleurs, refusant toute relation hétérosexuelle ou homosexuelle, elle opte pour une virginité militante - une position quasi marginale dans le mouvement féministe.

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